30.09.2008
Les aventure de P'tite graine de tomate
Le jour s’est levé il y a peu, nous sommes le 31 mars 2008, il est environ 9h00 ou 9h30, Madame P’tite graine de tomate est encore bien au chaud avec ses copines dans le paquet de graines, qui a été livré il y a quelques jours par la poste à Val de Loir Insertion.
Au dehors du paquet, elle entend bien du monde qui s’agite, des bruits d’outils au loin, 9h45 une main inconnue déchire le sachet et voilà Madame P’tite graine de tomate projetée en dehors de ce frêle contenant.
La chute est vertigineuse pour un si petit être, 80 centimètres et toc la voilà en terre éloignée de ses camarades, et oui P’tite graine ne sait pas que pour grandir il lui faut de la place.
-Mais que se passe-t-il, il pleut se demande P’tite graine.
-Mais non tu viens de rencontrer Monsieur arrosoir, tu verras plus tard quand tu seras grande et que tu auras soif, il viendra t’arroser copieusement lui répondit le grand jardinier.
- Hé Monsieur! Pourquoi tu m’enfermes sous ton plastique?
-Ne t’inquiète pas, tu es dans un châssis, et je le ferme pour pas que tu es froid, tu sais nous ne sommes que début avril et il y a encore des gelées.
Les jours passent, P’tite graine de tomate dort profondément, ce n’est pas un temps pour elle, il y a bien quelques rayons de soleil qui viennent caresser les châssis, mais pas assez pour la réveiller.
Voilà onze jours que P’tite graine est en terre, et ce matin elle ne comprend pas ce qui lui arrive, son apparence change, sa peau se déchire, et sort de ses entrailles un germe.
-Mais que m’arrive-t-il? S’exclama-t-elle!
-Tu grandis, tu vas devenir une belle plante, lui rétorqua le grand jardinier.
Et tout doucement P’tite graine s'est mise à grandir. Mais un jour, des envahisseurs débarquèrent dans le châssis. P’tite graine hurla son désespoir, elle étouffait à en mourir. Le grand jardinier qui s’affairait dans le jardin voisin, entendit les cris de la P’tite graine de tomate, et aussitôt, il vint voir ce qui ce passait.
-Mais où es-tu P’tite graine?
-Je suis là!
-Où là?
P’tite graine avait disparue sous de grosses feuilles, le jardinier ne comprenait pas d’où sortaient ces terribles envahisseurs. Il faut agir se dit-il. Il appela tous les autres jardiniers pour sauver P’tite graine et ses copines en les repiquant dans des petits gobelets en plastiques. Madame P’tite graine trouvait que le noir du gobelet allait très bien avec son teint. Puis elle tendit l’oreille car deux jardiniers discutaient à voix basse, l’un deux expliquait que les grosses feuilles dans les châssis n’étaient que des fleurs, il ne savait pas que le grand jardinier allait y installer P’tite graine de tomate, alors quand le petit jardinier a vu que le châssis était vide, il s’était dit, oh un petit nid douillet pour P’tite graine de fleur.
Donc par la suite P’tite graine de tomate, dans son gobelet, déménagea pour une serre improvisée; mais elle n’aimait pas son nouveau logement, la terre que les jardiniers lui avait mis autour d’elle était collante, sans eau, elle devenait aussi dure que de la pierre. L’enfance de P’tite graine de tomate était difficile, elle avait du mal à grandir. Le grand jardinier à l’écoute de ses légumes voyait bien que P’tite graine souffrait, mais il ne pouvait rien faire, les saints de glace n’étaient pas encore passé.
Las de voir P’tite graine de tomate végéter, le jardinier en ce matin du 18 mai 2008, la chargea dans le fourgon.
- Où va-t-on? Demanda-t-elle inquiète
- Au cimetière! Répondit le jardinier d’un ton sec comme il avait l’habitude de faire.
Le sang de P’tite graine de tomate se gela.
-Je ne veux pas mourir! cria-t-elle
Elle ne savait pas, que c’était le nom d’un jardin qui était sur la commune de Lhomme et qui était prêté gentiment par Monsieur Dufour.
Après cinq minutes de trajet, la camionnette s’immobilisa, la porte arrière s’ouvrit, P’tite graine de tomate eu peur, devant elle se dressait un champ de piquets en bois d’un mètre et demi de hauteur. Elle fit part de son inquiétude au grand jardinier. Celui-ci pour la rassurer, la confia aux mains expertes des deux jardinières de légumes, Nik et Nath, qui aussitôt la placèrent à coté d’un tuteur.
-Je ne veux pas rester ici le coin ne me plait pas! Disait-elle.
Armée d’une houe, Nath fit un trou dans le sol, sortie P’tite graine de son joli gobelet, et la plaça en terre.
-Tu verras, tu seras bien ici, le sol a été bien bêché et bien ratissé pour ton arrivée.
C’est vrai que le sol est souple, ils ont bien travaillés tous les jardiniers et ce, sans outils mécaniques, tout à la main, comme au siècle dernier, à l’époque des grands parents de P’tite tomate.
Mais P’tite tomate était une rebelle, le terrain ne lui plaisait pas, ainsi que les déménagements successifs ; ces derniers lui avaient cassé le moral, ainsi qu’à ses camarades. Pourquoi faire des racines ici, si c’est pour que dans quelques temps on me rechange de place.
La résistance des tomates s’organisa, elles décidèrent de ne plus grandir. Mais à l’aube du 30 mai 2008, P’tite graine de tomate, tomba malade, une épidémie de mildiou frappa la communauté des tomates, et cela à cinq reprises jusqu’au 5 juillet 2008. Le jardinier n’ayant aucune rancune, malgré le comportement de P’tite tomate, alla à la pharmacie des légumes acheter de la bouillie bordelaise, et les sulfatât.
Après cette période difficile, P’tite tomate ne changea pas son comportement, elle continuait à ne pas vouloir grandir. Le grand jardinier était pourtant aux petits soins pour elle. Et puis un jour les grosses chaleurs estivales arrivèrent, P’tite tomate avait soif, très soif, les jardinières de légumes n’arrêtaient pas de faire des aller retour avec des arrosoirs chargés d’eau. Leurs bras s’allongeaient, s’allongeaient de devoir porter toutes cette eau aux dames courgettes qui avaient élué domicile à cent mètres au fond du jardin. Elles arrosaient copieusement les légumes, mais les tomates étaient bien souvent servi en dernier, et l’arrosage était plus que sommaire. Plus il faisait chaud, plus P’tite graine de tomate souffrait de ce manque d’eau.
Le grand jardinier prit le temps, un jour de s’arrêter et de lui expliquer le problème.
-Vois-tu P’tite graine, nous passons beaucoup de temps à arroser tous les légumes du jardins, et le puit se tari rapidement.
-Mais Monsieur le grand jardinier, c’est quoi ce grand miroir que j’aperçois au loin? Dit-elle
-Cela est un étang
-Pourquoi vous ne prenez pas l’eau là-bas
-Car il nous faudrait une motopompe et malheureusement nous n’en n'avons pas.
Les jours passèrent, une nuit, un orage éclata avec son déluge d’eau, P’tite graine de tomate était aux anges, enfin de l’eau en quantité, et P’tite graine se mis à pousser pousser, ces fruits se mirent à rougir, un rouge comme il n’y en a pas, c’était magnifique, et puis un jour, septembre arriva. P’tite graine de tomate n’avait pas fini de faire murir tous ses fruits, le froid matinal brûla ses feuilles, puis ses fruits, et un matin, le grand jardinier donna l’ordre aux jardinières de légumes d’arracher P’tite graine de tomate et toutes ses copines pour les mettre au compost.
P’tite graine de tomate était d’une grande tristesse, finir comme cela, aussi jeune. Le grand jardinier lui expliqua qu’elle avait encore du travail.
- Tu vois dans le compost, tu vas aider, l ‘année prochaine, d’autres P’tites graines de tomate à grandir, souhaite leur bonne chance, fait le vœu que les jardins solidaires de Val de Loir Insertion continuent, et qu’ils aient le matériel nécessaire pour assurer le bien être de toutes les familles de légumes.
texte de FELICIAGGI Christophe
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16.09.2008
La mise en place de notre premier jardin
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pourquoi un jardin d'insertion
Val de Loir
Le jardin potager comme outil d’insertion ou comme outil pédagogique ? L’idée, pour insolite qu’elle ait eut paraître il y a quelques années, a fait son petit bout de chemin. Aujourd’hui, les initiatives ne manquent pas sur la région pour la mettre en pratique.
Le jardinage peut, il est vrai être bien plus qu’un mode agréable et bon marché de fournir à sa famille tout au long de l’année en légumes et fruits frais, ou un moyen de gagner modestement sa vie en vendant sa production. Sur le plan physique tout autant que psychologique, il y a incontestablement des vertus équilibrantes. Le jardinage constitue aussi une excellente initiation au travail conduit avec rigueur. Méthode et régularité sont en effet indispensables pour que cette terre cultivée produise. Les jardiniers débutants découvrent très vite cette évidence et peuvent mesurer concrètement les fruits d’un travail bien conduit. Ils apprennent ainsi à se responsabiliser, confrontés à l’incontournable pluie, soleil, en un mot le temps, ils apprennent aussi le pragmatisme : faire au mieux avec des contraintes de toutes natures.
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